Photographier une hermine : comment la distinguer d’une belette ou d’une fouine ?

Photographier une hermine : comment la distinguer d’une belette ou d’une fouine ?

[Pour rédiger cet article, j’ai voulu me mettre dans la peau d’un(e) photographe présentant l’hermine aux lecteurs de son blog]

Photographe nature

Photographe amateur, vous aimeriez reconnaître une hermine lors de vos balades, afin de pouvoir la prendre en photo dans son habitat naturel ? Vous vous demandez comment la distinguer d’une belette ou d’une fouine, deux autres mustélidés très répandus ?

Sillonnant la Bretagne et la France entière, j’ai déjà eu l’occasion de prendre des clichés de ces trois demoiselles. Je vais vous expliquer comment différencier ces petites bêtes carnivores. Vous allez ainsi apprendre à photographier une hermine, en identifiant son habitat et en observant, en été comme en hiver, le pelage et le comportement de ce bel emblème breton.

Qu’est-ce donc qu’un mustélidé ?

Voici une rapide description de ces animaux discrets.

Définition d’un mustélidé


Un mustélidé est un petit mammifère carnivore, longiligne et à longue queue. L’hermine, la belette et la fouine font partie de cette même famille. Tout comme le vison, la martre ou… le blaireau, dans un style différent.

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Bon à savoir :
Le nom “mustélidé” vient du latin mustela, qui signifie “belette”.
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Dans cette famille des mustélidés, nos trois charmantes bestioles appartiennent à la même sous-famille : les “mustéliNés” (une seule lettre a changé, vous suivez toujours ?). Ça, c’est la théorie, qui nous explique leurs racines communes.

L’hermine, la fouine et la belette sont-elles des cousines ?


Oui et non. Car leur chemin se sépare ensuite, dans la classification des mustéliNés. En effet, l’hermine et la belette font partie du même genre, les mustela. Oui, le terme représentant la grande famille des mustéliDés est également repris par les experts pour décrire ce genre de mustéliNés… on en perd son latin !

La fouine, elle, appartient au genre martes. On ne peut donc pas qualifier une hermine de fouine sans risquer de vexer l’une ou l’autre (et vous allez voir qu’il ne faut pas énerver une hermine). Chacune a ses particularités et vous pouvez le constater sur mes photos illustrant cet article.

Hermine, belette, fouine : qui est qui ?


Parmi les mustélidés se trouvent des animaux facilement identifiables, comme les blaireaux. Il est plus difficile de différencier nos trois prédatrices : à quoi ressemble une hermine ? Une belette ? Une fouine ?

  • La blanche hermine


L’hermine, c’est 100 à 300 grammes de carnivore, planqués sous une jolie robe marron en été (le ventre est blanc). En hiver, elle se drape complètement de blanc, seul le bout de sa queue reste noir. C’est cette particularité qui vous permettra de la distinguer de ses copines.

Une fois que vous l’aurez reconnue, dépêchez-vous de la photographier car il n’est pas facile de la croiser ni de capturer son image. Soyez concentré, car l’hermine se déplace rapidement et souvent en zigzag. Elle est majoritairement diurne en été et plutôt nocturne en hiver.

Hermine blanche hiver
L’hermine, au pelage blanc en hiver

Concernant son comportement, l’hermine est silencieuse sauf quand elle s’énerve : elle crie, siffle et peut même aboyer. C’est un prédateur qui se faufile partout, même dans les arbres, et attrape des rongeurs en plantant ses crocs derrière leur cou. Sympa, non ? “Maléfique”, dissimulée sous la robe de “Blanche-Neige”…

Vous l’apercevrez peut-être en train de traîner un lièvre : il est bien plus lourd qu’elle, mais elle a pourtant réussi à l’attraper ! Immortalisez vite cet instant avec votre appareil car cette vision est incroyable. La nature nous réserve parfois beaucoup de surprises.

  • La petite belette


La belette, également parée d’une robe marron et d’un ventre blanc, est souvent confondue avec une hermine pour cette raison. Elle possède aussi une jolie frimousse et des yeux de velours. Pourtant, une belette est plus petite et plus légère que sa copine.

Surtout, elle garde son pelage marron en hiver et le bout de sa queue n’est pas noir. Si vous prenez votre photo en hiver, il vous sera ainsi facile de distinguer une hermine d’une belette.

La belette chasse beaucoup dans les terriers, dans lesquels elle s’infiltre, mais aussi sur le sol de la forêt, notamment dans les troncs morts. Vous pouvez donc vous organiser une planque silencieuse dans les bois afin d’augmenter vos chances de la photographier.

Belette automne
Petite belette en forêt

Le comportement de la belette se rapproche de celui de l’hermine : la belette se glisse partout pour chasser les rongeurs, qu’elle étrangle ou vide de leur sang en les mordant derrière la tête. Bon appétit.

En été, ce n’est donc pas facile de les distinguer. Pour pouvoir les différencier, il faudra donc vous fier à leur apparence physique pour savoir quel animal vous prenez en photo. Bout de queue noir ? C’est une hermine. Marron ? C’est une belette.

  • L’habile fouine


Et la fouine ? Plus grande et beaucoup plus lourde, cette opportuniste est omnivore. Elle sait qu’il lui est facile de trouver de la nourriture près des habitations, notamment dans les poulaillers ! Elle attrape facilement les gallinacés mais peut se contenter de manger les oeufs, qui lui conviendront très bien.

Fouine martes foina
Fouine à la recherche de rongeurs

Sachez qu’il s’agit d’un animal essentiellement nocturne. Elle se cache également dans les greniers et n’a pas vraiment peur des humains. Au contraire, ils lui fournissent une source continue de nourriture et de chaleur.

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Astuces de photographe :
Pour photographier facilement une belette, surveillez également les toits et les gouttières,
ainsi que les tas de bois, le soir, en été.
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Sinon, vous la trouverez tout simplement en train de se promener autour d’une ferme. Elle n’hésite pas à y entrer et à… fouiner. Les hangars constituent également de bons spots pour la trouver, car elle y chasse de nombreux rongeurs.

Voilà donc une charmante famille, n’est-ce pas ? Il ne faut cependant pas oublier qu’elles sont fort utiles toutes les trois, par leur rôle écologique important : elles aident à freiner la prolifération des rongeurs. Leur physique longiligne et leur petite tête rigolote vous feront craquer !
Vous pouvez opter pour des gros plans afin de mettre en valeur leur silhouette et leur couleur. Mais vous pouvez également choisir un plan large afin d’immortaliser leur terrain de chasse : l’image d’une hermine sautant dans la neige au pied des sapins est inoubliable.

Je garde en mémoire une histoire particulière : la duchesse Anne de Bretagne accorde sa grâce à une fière hermine qui tenait tête à une meute de chiens, ne voulant pas se salir dans la mare boueuse devant elle pour s’enfuir (d’où la devise désormais célèbre : « Plutôt la mort que la souillure ! »). L’hermine est vraiment un bel animal.
Difficile à photographier car elle est furtive… sans doute parce qu’elle se cache le plus possible afin de garder sa blanche fourrure immaculée. Allez savoir.

Si vous réussissez à la prendre en photo, ce qui est possible car l’animal reste curieux, vous aurez là un joli trésor. Photographier l’hermine, ça se mérite !

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